Sein – Implant mammaire

En chirurgie esthétique, l’implant mammaire ou prothèse mammaire trouve son indication chez les patientes ayant une agénésie de glande mammaire (seins plats depuis l’adolescence), ou une perte de la glande mammaire suite aux grossesses ou aux allaitements, ou une ptôse mammaire. Il s’agit d’une intervention de chirurgie mammaire qui est à proposer chez les patientes qui souhaitent une augmentation mammaire soit modérée, soit plus importante. Cette intervention de chirurgie esthétique peut être utilisée comme traitement de la ptôse mammaire modérée car elle peut permettre de remplir l’étui cutané et de regalber toute la zone sus-aréolaire. Avec cette intervention de chirurgie plastique il est possible de créer des seins en forme de pomme (ronds) ou de poire, par augmentation mammaire. La rançon cicatricielle est modérée. Les cicatrices peuvent se situer au niveau de l’aisselle, à travers les aréoles, ou au niveau du sillon sous-mammaire selon les indications. Les implants de gros volumes sont en règle générale passés par le sillon sous-mammaire pour ne pas les abîmer.

Technique

Voie d’abord

Voie axillaire

En chirurgie esthétique, la voie axillaire est proposée chez des patientes qui souhaitent des seins plutôt ronds (en effet par cette voie, il est préférable de placer des prothèses mammaires rondes car les prothèses mammaires anatomiques risquent de se déplacer). Cette voie est possible en chirurgie plastique ou chirurgie mammaire chez les femmes au thorax court et qui acceptent une cicatrice de 2 à 3 cm située au niveau des aisselles.

Voie aréolaire

Possible, si l’aréole est suffisamment grosse. Impossible lorsque celle-ci est inférieure à 1 cm. Cette voie ne diminue pas plus la sensibilité que les autres voies. Elle est très utile sur les peaux mates, noires, ou à risque de cicatrice chéloïdienne car la cicatrice se confond dans la coloration de l’aréole.

Voie sous-mammaire

Très utile, lorsque les patientes souhaitent une augmentation mammaire de gros volume, elle se place dans un néo-sillon et s’estompe au bout de quelques mois après la chirurgie esthétique. Une cicatrice placée le long d’une ligne naturelle pileuse ne se verra quasiment pas.

Position de l’implant mammaire

La loge dans laquelle sera placé l’implant mammaire peut être située devant le muscle pectoral, donc derrière la glande mammaire. Cette position est possible si les patientes ont une peau suffisamment épaisse, si elles ont un peu de glande mammaire, ce qui permet de ne pas sentir la prothèse mammaire. Il s’agit d’une très bonne position en cas de ptôse mammaire car la forme de la prothèse permet dans ce cas de bien remplir la peau distendue. Ce positionnement est peu douloureux, naturel et permet de récupérer rapidement une souplesse des seins.

La loge peut être située derrière le muscle pectoral. Cette position est préférable chez les femmes très minces, avec une peau très fine. En effet on ne pourra pas sentir, ni voir la prothèse mammaire qui sera protégée par le muscle pectoral. Chez les sportives, cette position peut être disgracieuse lorsque les patientes soulèvent les bras ou contractent de façon importante leurs muscles pectoraux. L’aspect naturel est obtenu au bout de trois mois après la chirurgie esthétique. Le risque de coque est moins élevé dans ce cas. Les plis sont beaucoup plus rares. Chez les patientes maigres ayant une peau fine, on peut sentir parfois la prothèse mammaire à la partie inférieure du sein non recouverte par le muscle.

Gestes associés

Il peut y avoir des gestes de chirurgie plastique ou chirurgie esthétique associés en cas de ptôse mammaire (seins tombants, aréoles descendant plus bas que le sillon sous-mammaire). Dans ce cas il est préférable de retirer l’excédent de peau par chirurgie mammaire, soit par une cicatrice autour de l’aréole, soit par une cicatrice verticale sous-aréolaire associée. Certains types de prothèses mammaires de forme anatomique permettent de bien remplir l’excédent cutané et permettent d’éviter les cicatrices associées, surtout si les patientes souhaitent une augmentation mammaire de volume conséquent.

Durée d’intervention : une à deux heures selon les cas.

Type d’hospitalisation : hospitalisation minimum d’une nuit en clinique ;
Type d’anesthésie : générale ;
Durée d’hospitalisation : variable de une à trois nuits maximum selon les cas ;
Durée d’incapacité : une semaine à quinze jours.

Bilan préopératoire

Bilan de coagulation. En cas de problème de santé (cardiaque ou pulmonaire), un bilan supplémentaire peut être prescrit par les anesthésistes avant la chirurgie plastique. Ne pas prendre d’aspirine ni de médicaments faisant saigner, quinze jours avant et quinze jours après l’opération de chirurgie mammaire. Des mammographies préopératoires à titre systématique sont demandées (peuvent être prescrites par le gynécologue) afin de déceler une éventuelle tumeur mammaire.
Comme il s’agit de la pose d’un corps étranger, il ne faut avoir strictement aucune infection ou il faut être guérie au moins huit jours avant l’intervention.

Suites opératoires

Pendant l’hospitalisation de chirurgie esthétique, la patiente aura un pansement modelant avec des bandes élastiques en forme de soutien-gorge compressif pour éviter les hématomes. Puis à la sortie, un soutien-gorge qui sera gardé de façon variable, soit quinze jours, soit plus d’un mois selon les cas (plus il y aura de peau à retirer, plus le soutien-gorge sera gardé longtemps).

Les suites de l’augmentation mammaire peuvent être douloureuses lorsque l’implant mammaire est placé derrière le muscle pectoral. Sinon lorsque les implants mammaires sont placés devant le pectoral, une sensation de tension est ressentie. Il peut y avoir un gonflement, des ecchymoses, une gêne à l’écartement et à l’élévation des bras. Les fils de suture peuvent être soit retirés par le chirurgien plasticien au bout de quinze jours, soit être résorbables.

Le chirurgien plasticien conseille de ne pas pratiquer de sport pendant deux mois après l’opération de chirurgie mammaire. L’antisepsie et les soins locaux sont réalisés par la patiente pendant une quinzaine de jours après une douche quotidienne (effet bénéfique du jet de la douche directement sur la cicatrice). Les bains par contre sont à proscrire jusqu’à l’obtention d’une cicatrisation complète, afin de ne pas me ramollir les cicatrices.
Douleurs postopératoire : Variables ;
Résultat : La cicatrisation se fait au maximum en trois semaines, le galbe définitif et l’assouplissement des seins nécessitent environ trois mois. Les cicatrices peuvent évoluer pendant environ un an et demi.

Risques de complications

  • Complications liées à l’anesthésie générale ;
  • Hématome ou hémorragie ;
  • Infection ;
  • Cicatrice chéloïde (cicatrice boursouflée ayant tendance à s’épaissir ou à se rétracter) ;
  • Phlébite et embolie pulmonaire.

Complications spécifiques à l’implant mammaire

1) Contracture ou coque fibreuse autour de la prothèse.
2) Rupture ou dégonflement de la prothèse mammaire.
3) Formation de plis ou aspect de vagues.
4) Sérome (liquide autour de la prothèse) devant éventuellement être ponctionné sous échographie.
Toutes ces complications peuvent avoir un traitement chirurgical qui ne sera pas pris en charge par la Sécurité sociale. Il faut toujours garder de quoi régler des frais de clinique en cas de problème postopératoire.

Quelques questions spécifiques à l’implant mammaire

    Il est possible d’avoir une diminution de sensibilité pendant six mois après la chirurgie esthétique, il faudra donc bien masser le mamelon pour aider à la récupération de la sensibilité après la chirurgie mammaire. Cette diminution de la sensibilité est due à l’écartement des nerfs qui sensibilisent le mamelon suite à la mise en place de l’implant mammaire. Le fait de bien écraser les cicatrices et de masser les mamelons favorise une bonne récupération.
    Il est possible d’allaiter après s’être fait poser des implants mammaires. Aucun article scientifique ne montre la présence d’un risque en cas d’allaitement.
    L’implant mammaire n’a jamais montré une augmentation du risque du cancer du sein. Par contre, il faut faire pratiquer ses mammographies dans des centres spécialisés afin de permettre un bon dépistage de cancer du sein en postopératoire (une femme sur dix en France peut présenter un cancer du sein).
    Actuellement, la majorité des chirurgiens plasticiens préfèrent placer des prothèses mammaires en gel de silicone qui ne se dégonflent pas (alors que les prothèses en sérum physiologique le peuvent), et durent plus longtemps. Aucun travail scientifique n’a montré une augmentation significative du risque de maladie auto-immune après pose d’implant mammaire.
    Suite à la pose de prothèses mammaires, il est conseillé de garder les coordonnées (portable ou mail) de son chirurgien plasticien, afin de pouvoir l’appeler sans crainte au moindre problème. Par contre il n’est pas nécessaire de le revoir tous les ans. Il est préférable d’être suivie par son gynécologue et de bien lui préciser que vous portez des implants mammaires, en lui disant si ceux-ci sont devant ou derrière le muscle pectoral.
    Tous les dix ans, il est conseillé de voir éventuellement un chirurgien plasticien qui fera le point sur l’usure de la prothèse mammaire. Mais il n’est pas obligatoire de changer de prothèses mammaires tous les dix ans.
    Suite à l’affaire de prothèses PIP, les fabricants de prothèses mammaires sont soumis actuellement à des contrôles beaucoup plus stricts concernant la qualité du gel et de l’enveloppe de leurs prothèses pour la chirurgie mammaire.

Conseils du Dr Dallaserra

  • Éviter le soleil et surtout les coups de soleil sur les seins pendant un an ;
  • Ne pas envisager une grossesse dans l’année qui suit l’intervention chirurgicale ;
  • Éviter les variations de poids afin de garder une meilleure stabilité du résultat ;
  • Appliquer des pansements siliconés et des crèmes siliconées éventuellement sur les cicatrices pendant environ six mois ;
  • Bien hydrater la peau qui aurait été distendue la première année après l’intervention, pour lui permettre de se distendre de la façon la plus harmonieuse possible ;
  • En cas de pratique de sport, il est conseillé de porter un soutien-gorge assurant un bon maintien afin d’éviter les micro-cisaillements que pourrait faire la prothèse dans sa loge. Les mouvements vibratoires type « power plate » sont aussi déconseillés par les fabriquants de prothèses.