Les transferts graisseux en chirurgie

Les transferts graisseux en chirurgie du sein, en chirurgie du rajeunissement et en chirurgie reconstructrice

L’idée de transférer la graisse vient des femmes elles-mêmes qui ont souvent espéré pouvoir faire migrer la graisse excédentaire située au niveau de leurs cuisses ou de leur abdomen, vers les seins en vue de créer un plus joli volume au niveau mammaire. Les chercheurs ont analysé la graisse, et ont découvert que seules les cellules jeunes pouvaient s’implanter et se greffer dans une autre partie du corps. Les ingénieurs et les chirurgiens ont alors pu travailler et mettre au point une méthode afin de récupérer ces cellules jeunes : la technique de transfert de graisse a vu le jour. Les chirurgiens plasticiens sont donc actuellement technologiquement au point pour prélever la graisse chez les patients et patientes, l’épurer en retirant le sang et la partie huileuse pour ne conserver que la graisse quasi pure qui pourra être injectée en spaghettis afin de créer un volume dans l’endroit du corps souhaité.

Actuellement nous sommes donc capables, et nous avons l’autorisation par la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique, de réinjecter de la graisse au niveau :

      Des seins :

      cette technique est maintenant proposée fréquemment lorsque les femmes ont subi une mammectomie totale. Il est possible d’injecter un volume mammaire allant jusqu’au bonnet C en une à deux fois. Selon la qualité de la peau il est parfois nécessaire de la préparer par une technique d’aspiration en ventouse afin de l’assouplir et de pouvoir injecter le maximum de graisse à ce niveau. On a pu observer que les injections de graisse amélioraient la qualité de la peau qui est parfois brûlée par la radiothérapie, adhérente et douloureuse. Dans certain cas lorsque le thorax est trop creux et trop abîmé par la chirurgie d’ablation et par la radiothérapie, il est parfois nécessaire de placer tout d’abord un lambeau cutanéo musculaire qui pourra lui aussi être rempli par de la graisse par le même transfert graisseux.

      En chirurgie esthétique des seins de nombreuses études cliniques sont en cours pour surveiller l’action des injections de graisse, mais dès maintenant il est possible d’injecter de la graisse dans les seins. Le problème à ce niveau est qu’il existe de la glande mammaire et qu’il y a statistiquement dans la population un risque spontané d’avoir un cancer du sein qui est évalué actuellement à 1 sur 350 femmes à l’âge de 35 ans, et de 1 sur 50 à l’âge de 50 ans. La crainte est qu’il y ait une coïncidence avec le cancer.

      Actuellement la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique demande aux patients et aux chirurgiens de ne pas faire de chirurgie esthétique par injection de graisse aux femmes à haut risque de cancer du sein (s’il existe de nombreux cas de cancer du sein dans sa famille du côté maternel, ou si l’on a soi-même eu des microcalcifications, des biopsies et des problèmes de kystes mammaires surveillés par le gynécologue). On conseille aussi d’être extrêmement prudent après l’âge de 35 ans puisqu’il il y a un risque de coïncidence avec le cancer du sein. Il est donc actuellement possible d’injecter de la graisse dans les seins.

      Du visage :

      Sous anesthésie très légère on pratique des injections de graisse au niveau du visage pour rendre du volume au front, aux tempes qui peuvent se creuser, à la vallée des larmes, aux joues, aux pommettes, aux lèvres, à l’ovale du visage. Lorsqu’un visage se creuse, les injections de graisse, si elles sont faites subtilement permettent de rajeunir sans trop remplir. Bien entendu lorsqu’il y a une ptôse musculaire ou cutanée importante, un lifting associé doit être proposé pour éviter les excès. Cette technique est en concurrence avec les injections d’acide hyaluronique et de botox. Son intérêt est qu’elle est plus durable dans le temps, son inconvénient est que les suites sont plus longues avec une dizaine de jours de gonflements, de bleus et d’oedèmes.

      Au niveau des mains :

      un rajeunissement par injection de graisse permet de remodeler les mains et de les rajeunir, puisque la fonte graisseuse et l’affinement de la peau font ressortir les veines, rendent la peau plus ridée et font apparaître des tâches brunes. Regonflées par de la graisse, les mains paraissent plus jeunes et plus en harmonie avec le visage.

      Au niveau des fesses :

      Grâce à la technique de prélèvement maintenant plus rapide que les techniques initiales qui étaient très longues pour la récupération de graisse, on peut créer de véritables fesses, de la taille de prothèses fessières en injectant 300 g environ par fesse. Comme toujours l’intérêt est qu’il n’y a pas de corps étranger et qu’il s’agit de la graisse du patient. Bien entendu cela n’est possible que chez les personnes qui présentent des zones donneuses graisseuses puisqu’il faut bien retirer minimum 1 litre à 1.5 litre de graisse pour obtenir de quoi reconstruire des fesses.

Il est possible de camoufler les cicatrices en creux et les adhérences par de la graisse. Lorsqu’il s’agit de chirurgie reconstructrice, elle n’est malheureusement pas prise en charge par la sécurité sociale compte tenu du fait qu’il s’agit d’une technique de lipo aspiration (considérée comme esthétique). La graisse peut être injectée aussi au niveau des mollets. Il est possible de pratiquer la lipo sculpture des mollets en retirant de la graisse dans certaines zones comme les chevilles et en remodelant la jambe pour lui redonner un galbe. A noter qu’au niveau des mollets, cette intervention nécessite un suivi avec des drainages lymphatiques et qu’elle est tout de même douloureuse.

En conclusion : De nombreux chirurgiens plasticiens maitrisent actuellement complètement la technique de transfert graisseux. Ceci est une excellente nouvelle car il s’agit d’une technique qui présente beaucoup moins de risque que les corps étrangers. Le seul problème est celui de la glande mammaire avec son risque spontané de créer des cancers du sein. Les études scientifiques se poursuivent actuellement et s’il est possible de démontrer qu’il n’y a aucun risque vis-à-vis du cancer du sein, nous serons donc pleinement rassurés.

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